Lundi 8 août 2011 1 08 /08 /Août /2011 01:40

Hier matin j’ai grimpé dans la voiture de Javier, promesse d’un bon week-end où se profile l’occasion d’échapper un instant à la monotonie  de Monterrey. Nous filons donc, Javier, Florian un ami français fraîchement débarqué sur le sol mexicain, et moi vers la ville de Saltillo a environ une heure de là. La journée s’annonce, comme toujours, étouffante. L’idée de passer un petit week-end dans la famille de Javier et d’avoir l’occasion, une nouvelle fois, de découvrir de nouveaux aspects de la culture mexicaine me ravie. Je tente donc d’oublier le sommeil qui se fait sentir (et oui, un lever à 9h du matin un samedi, on a beau s’être préparée à cette idée, c’est toujours difficile…) et je me mets à chanter au rythme de la salsa qui passe à la radio…

Enfin nous arrivons à Saltillo. Après avoir rencontré la mère de Javier, nous filons découvrir le musée du désert ainsi que le centre de la ville où une fête spéciale a lieu pour la commémoration de la création de la ville. Sur le Musée du désert, rien à dire… Nous y sommes allés pour Florian car en réalité je l’avais déjà visité auparavant. En gros des squelettes de dinosaures dont je ne sais pas quel pourcentage est en véritables ossements, des animaux empaillés, des fossiles par centaines, et également un petit zoo à la sortie (partie la plus sympathique mais aussi la plus courte car il ne nous restait plus de temps)…  En ce qui concerne la fête de la ville, c’était plutôt intéressant. Il y avait une grande fête religieuse dans et aux alentours de la cathédrale. L’édifice débordait de monde et sur la place des groupes de danseurs traditionnels s’évertuaient à glorifier Dieu. Leurs vêtements, tous plus colorés les uns que les autres, étaient parsemés de clochettes qui tintaient au rythme de leur pas. Certains étaient de tout jeunes enfants, et chacun portait un chapeau traditionnel pleins de plume et assorti á sa tunique. Dans chaque groupe il y avait un adolescent qui semblait être le chef et donner le rythme aux autres. Quand vous entriez dans la cathédrale, le bruit des pas des danseurs se répercutait sur tous les murs et semblait cadencer la prière des fidèles. Au fond du chœur se dresse fièrement le christ en croix, symbole de la création de la ville. D’aucun disent qu’un jour, un âne serait arrivé au centre de la ville, totalement seul, avec pour fardeau cette grande croix de bois. Il se serait dirigé dans les rues pour aller déposer son crucifix à l’emplacement de l’actuelle cathédrale… La légende est née et ce christ en croix est devenu un symbole essentiel pour tous les croyants de la ville.  Dans les rues bordant la cathédrale les visiteurs se bousculaient au milieu des étales de brioches et de gâteaux mexicains. Les stands de jeux pour enfants et de divers bonbons regroupaient la jeune classe, tandis que leurs parents se rencontraient et discutaient tout en dégustant un de ces délicieux Tacos garnis de viande et de sauce bien pimentée, le sourire aux lèvres et la joie au cœur… Ainsi se présentent les fêtes religieuses dans ce pays, toujours d’une importance capitale étant donné le degré de religiosité de la population mexicaine.

  IMGP4643-copie-1.JPG

Nous avons donc quittés ces rues animées pour revenir á la maison familiale à l’heure de «la comida ». Là, quatre couverts sont installés. Un pour le père, un pour son fils, et deux pour les français ! La maîtresse de maison nous apporte une soupe de tortillas délicieusement pimentée, suivie d’un plat typique de la ville de Puebla : le « chile relleno a la pueblana ». Il s’agit en fait d’un gros piment vert, farcit d’un mélange de fruits et de viande hachée, recouvert d’une sauce aux noix et de graines de grenades. Le mélange, quoi que surprenant, était vraiment réussit, et mon éducation irréprochable de jeune fille de bonne famille m’aurait bien fait finir mon assiette, malgré la grande quantité servie, si au bout de quatre grosse bouchées le piment ne m’avaient fait venir les larmes aux yeux… Il faut savoir que deux piments ne piquent jamais de la même manière et avant d’y avoir goûté, nous ne pouvons savoir si notre pauvre estomac de français délicat pourra le supporter ou non. Me voici donc essuyant la perle de sueur qui apparaissait sur le haut de mon front lorsque j’engouffrais une autre bouchée. Vous l’aurez deviné, même avec toute la bonne volonté et la sincère admiration que j’avais pour la confection de ce plat si complexe, je n’ai pas pu finir mon plat en totalité… d’autant plus que le dessert « kloug » me regarde du coin de l’œil et que je sais qu’il va falloir aussi que je lui trouve une petite place… Comment décrire le plat qui a suivit… Ce que j’ai pu en voir était une tranche de pain imbibée de sucre et de miel, recouverte de fromage fondu lui-même parsemé de raisins sec, noix, noisettes, et autres fruits secs. Dessert typiquement mexicain normalement réservé pour la semaine sainte (semaine précédent la fête de Pâques) et qui ne demande pas moins de deux jours entiers de préparation ! Un festin, quelque peu surprenant, mais préparé avec beaucoup de dévouement par la mère de famille…

Voilà le tableau de ce repas familial et convivial mexicain… Rien ne vous choque ? Vous ne remarquez rien qui vous fait hurler d’envie ou de désespoir ? Et bien relisez du début !!! Vous avez dû rater quelque chose et je vous prierais d’accorder un peu plus d’attention à mon récit par la suite !!!

Je vous le donne en plein dans le mil : durant tout le repas, la femme se tient debout au service de chacun et ne s’octroi pas le droit de manger à nos côté… Son unique souci est de satisfaire à chacun de nos besoins avant même qu’il ne nous vienne à l’esprit… Elle ne se permettra de manger qu’une fois notre table débarrassée et la vaisselle faite (sans lave-vaisselle bien entendu…). Et voila encore une marque étonnante de la différence de culture et du caractère exceptionnellement machiste de la population mexicaine. Pour eux rien de choquant à cela, et je comprends alors mieux pourquoi les jeunes restent vivre indéfiniment chez leurs parents ou font en sorte de rentrer chaque week-end pour bénéficier encore et toujours des petits soins de leur maman avant de les échanger contre ceux d’une épouse…

Je reviens à notre fameux repas où la gêne que j’éprouvais à me faire ainsi servir se faisait ressentir par un peu trop de silence…

Après une bonne sieste qui m’a permit non seulement de dormir mais aussi d’améliorer considérablement mon temps de réalisation du rubick’s cube (je me la pette un peu ça ne fait pas de mal !), nous sommes partis nous promener dans la ville. Plus tard, nous avons décidé de nous arrêter pour diner dans un restaurant style country, et j’ai vite opté pour de délicieux tacos de crevettes au fromage. Je croquais avec bonheur dans ma première tortilla et en engouffrais la moitié quand Javier remarqua un énorme insecte qui se baladait tranquillement au milieu de mes tacos… C’est là que tout commence… A la poursuite d’un diner gratuit, Javier commence à faire toute une histoire pour ce pauvre animal et explique à quel point la française que je suis est traumatisée par ce manque d’hygiène et que nous méritons un effort de la part de la direction pour nous faire oublier l’incident. Le directeur mis au courant nous présente ses excuses tout en me proposant un nouveau plat. Javier prend alors la parole en disant que je refuse de manger quoi que ce soit et qu’il pourrait au moins nous offrir nos boissons. Avant d’avoir pu dire quoi que ce soit je vois donc mon assiette de délicieux tacos se volatiliser tout en entendant le directeur répondre que mon plat ne sera pas compté dans la note mais qu’il ne peux pas nous offrir mieux étant donnée que sa cuisine est d’une qualité irréprochable et que cet insecte s’est retrouvé dans mon assiette bien plus tard en sortant de la cuisine comme il y en a beaucoup dans le pays… Je regarde donc Javier, un peu déçu d’avoir raté sa négociation, engouffrer ses propres tacos sans même m’en offrir un seul, alors que je me retrouve face au bois de la table, sans rien à me mettre sous la dent, et avec en plus la sensation d’être une petite française capricieuse et précieuse ! Je n’en reviens pas du toupet de mon ami mexicain qui ne se rend même pas compte qu’il vient de m’enlever toute possibilité d’apprécier ce bon repas tout en engouffrant lui-même l’ultime morceau de crevette… Bien sûr, ceux qui connaissent mon amour pour la cuisine peuvent imaginer mon énervement à ce moment précis… Et c’est ce moment là que choisit Javier pour nous présenter un de ces amis…

Juan entre donc en scène, et après les présentations d’usage, la conversation dérive rapidement sur ses prochaines vacances dans un hôtel de luxe à Cancun… Me sentant déjà bien motivée par le diner manqué, je me lance dans une conversation animée tentant de lui faire entendre l’inutilité de vacances aussi luxueuses, et la richesse contradictoire d’une semaine à la découverte des vrais trésors de son pays, à travers la jungle et les montagnes. Vantant du mieux que possible les qualités des auberges de jeunesses, les rencontres passionnantes que l’on y fait et l’ambiance qui y règne je me retrouve plongée moi-même dans les souvenirs impérissables de mes propres voyages… Cependant, Juan me fait comprendre qu’une fois dans sa vie il s’est aventuré à dormir dans un hôtel de ce genre et que vraiment ce n’était pas fait pour lui… J’ai finit par avoir presque pitié pour ce garçon riche et dépensier, dont les parents ne lui refusent aucun caprice et mon degré d’énervement à subtilement augmenté d’un cran…

La soirée se poursuit lorsque Javier, Florian et moi nous nous retrouvons dans la file d’attente d’une boîte de nuit branchée de la ville… Et nous attendons… si longtemps à mon goût que je me trouve soudain affreuse et me dit que ma récente 25° bougie m’a enlevé tout ce qui restait de mon pouvoir de jeune française au Mexique ! Et mon degré d’énervement est monté encore subtilement d’un petit cran…

Finalement nous sommes entrés dans le « Bar Rio ». Surement beaucoup trop tôt car la lumière est un peu trop forte, la salle un peu trop froide et un peu trop vide, et les gens beaucoup trop calmes… Personne ne danse… Il faut que je me détende, je suis là pour passer une bonne soirée donc il faut que je boive. Nous ne disposons pas de table car nous n’avons pas réservé. Il nous faut donc 1h pour qu’un serveur accepte de nous apporter une bouteille de vodka sur la table d’un groupe de « connaissances » de Javier qui ne nous ont même pas adressé la parole ni à Florian ni à moi… Je me sens une nouvelle fois moche et vieille et le degré augmente encore… Je m’enquille alors deux verres histoire de me décontracter un peu mais l’alcool ne se fait pas sentir. Au bout du troisième toujours rien et je me déclare alors qu’il est vraiment idiot de boire juste parce que je n’aime pas une soirée et que c’est vraiment une très très mauvaise raison. Je décrète donc que l’alcool c’est fait pour égailler les soirées où l’on est bien et non pour oublier une soirée désastreuse et m’arrête donc à mon troisième verre qui ne me fera jamais d’effet. A une heure du matin je commence à tâter le terrain et me rends compte que Florian à presque autant envie que moi de rentrer… Javier m’annonce qu’à une heure et demie nous partirions. Je jette alors un coup d’œil autour de moi, et je remarque avec désespoir qu’il n’y a que très peu de personnes qui daignent se balancer légèrement au rythme de la musique-soit dit en passant totalement nase- que le DJ s’évertue à faire cracher dans les baffles… le temps me paraît interminable… Sentant le départ proche je jette un regard (que je voudrais discret) à mon portable pour découvrir qu’il est !!!!! 1h04… pfff….. C’est long….

Pas l’ombre d’un plan drague, ma motivation tombe à -8 000 lorsque le DJ se met à passer de la musique Rap… Là, tous mes efforts de comédienne pour paraître enjouée sont anéantis et à 1h20 je jette un regard suppliant à Javier qui comprends enfin mon désespoir et qui accepte d’amorcer le mouvement vers la sortie… Je suis sauvée !

Une bonne nuit de sommeil et un réveil aux aurores a 9h30 pour atterrir une nouvelle fois dans la cuisine familiale. Cette fois trois assiette sont disposée pour les lève-tard avec une magnifique salade de fruits frais recouvert de yaourt, d’un coulis de miel et de noix, sur le côté une tasse de café sucré (pour ceux qui ne le savent pas, je bois mon café sans sucre… TOUJOURS sans sucre !!!), un panini au blanc de poulet et au fromage absolument à tomber par terre, et un grand verre de milk shake fait maison, à la fraise et aux noix… Honnêtement c’était un petit déjeuner royal mais dont les quantités étaient vraiment impressionnantes. Malgré mon manque de repas la veille, (grrrrrr), j’ai eu du mal à tout finir mais cette fois ma politesse a vaincu mon estomac ! Bien entendu, tout le long de ce petit déjeuner gargantuesque, la maîtresse de maison était encore une fois debout, répondant à nos moindres désirs avant même que nous ne les ayons prononcés… Quand elle s’est absentée pour aller étendre le linge, j’ai couru jusqu’à l’évier pour faire la vaisselle et m’ôter un peu de cette gêne qui s’emparait de moi, mais à peine une assiette propre, je me fais stopper par le paternel cette fois qui m’explique que le dimanche c’est à lui de la faire et que en tant qu’invitée je ne dois pas y toucher ! Sous le coup de la surprise provoquée par la surprenante initiative masculine dans les tâches ménagère, je jette l’éponge, remercie encore et encore pour l’accueil, et me dirige vers l’escalier pour aller préparer mes affaires…

Peu de temps après nous voilà dans la voiture tous les trois pour un retour plus ou moins silencieux jusqu’à Monterrey…

Est-il utile de rajouter que depuis une semaine je tente d’arrêter de fumer ?... Cela peut expliquer certaines choses….

 

184173_2175041049254_1043653793_2545952_6364015_n.jpg

je ferais juste remarquer ici le crispement de mes machoirs et l'aspect légèrement rouge de mes yeux créé par le manque de nicotine... photo représentative des moments de ce week-end où mes talents de comédienne de faisaient plus effet... Ceci étant un point important car sinon je suis tellement douée que rien ne se voit :D


Par unpointctout - Publié dans : carnet de voyage...
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 27 juillet 2011 3 27 /07 /Juil /2011 00:29

 

Pour ma part c'était mourir beaucoup... Mais le terme renaître serait plus vrai.

Tout a commencé le jour où j'ai décidé de rentrer en école de commerce. Après un bac littéraire et trois ans de licence d'histoire de l'art, j'ai fait le pari fou de passer le concours passerelle. Sueurs et grincements de dents... Vous connaissez ce moment où vous savez que votre vie prend un tournant et que tout dépend des quelques heures que vous avez devant vous ? Le cœur qui bat la chamade... la petite perle qui vous chatouille la tempe en glissant lentement... la main crispé sur le stylo et chacun de vos muscles tendus par l’effort de réflexion et la rapidité avec laquelle il vous faut coucher les idées sur le papier... Ce moment là, dans mes souvenirs, est gravé à la fois comme un moment interminable de stress et d’anxiété, et à la fois, comme un clignement de paupière où tout se joue. J’ai réussi... Lorsque j’ai reçu les résultats et que j’ai découvert que je pouvais passer toutes les écoles à l’oral je n’y croyais pas... Paris réussi, il ne me reste que la terrible responsabilité de choisir... Chose pour laquelle je n'ai jamais été particulièrement douée...

 

J'ai donc décidé de réfléchir vraiment à ce que je voulais retirer de cette école. La priorité était clair : parler couramment deux autres langues en terminant mes études. Je voulais vraiment vivre à l'étranger, vivre cette expérience folle de la vie étudiante dans la découverte d'une autre culture. Mais voila...

Mon problème c'est que je suis incapable de me prendre en main et de mettre tout en œuvre pour y arriver. Une sorte de peur constante me lie, m'étouffe et finalement me rattache à une vie réglée, programmée et facile. J'ai donc décidé de ne pas me laisser le choix et d'entrer dans l'école dont presque tous les cours étaient donnés en anglais et où un séjour à l'étranger n'était pas une option mais une obligation.

 

Après deux ans de galère a rattraper mon retard abyssale en matière de commerce, de compréhension de l'anglais, de culture générale et j'en passe, me voilà à l'aéroport, jetant un dernier coup d'oeil à ma meilleure amie qui disparaît trop rapidement derrière les barrières... Affichant un sourire faussement confiant tant que mon regard se raccrochait à elle, à la sécurité, au monde connu et cosi de ma douce France, je me laisse soudain envahir au moment où tout cela disparaît, par un sanglot immense qui me prend la gorge, les poumons, et m'enlève d'un coup toutes mes forces.

Je pars... je pars, je pars, je pars...

Le visage collé au hublot, je vois disparaître petit à petit tous mes repères pour me lancer dans un inconnu effrayant. "N'y va pas, c'est vraiment loin et dangereux.", "Pourquoi ne vas-tu pas en Espagne, ou en Angleterre, tu pourrais rentrer au moindre problème et nous serions là pour toi...", "Noooooon !!!! Mais pourquoi le Mexique ? Tu n'as rien trouvé de plus dangereux ? Tu veux te faire enlever ? Séquestrer ? Piller ? Assassiner ?..."

 

Ma décision à moi elle était claire, comme de l'eau de roche. Ce serait loin, très loin de la France pour justement m'empêcher de rentrer au moindre tracas ; dans un pays dont la culture est loin, très loin de la mienne, plutôt confortable et sécurisante...

Je vous l'ai dit, mes choix ne sont pas des choix. Autrement dit, je choisi de ne pas me laisser le choix ! Ici encore, je voulais me retrouver face à moi même, sans autre porte de sortie que de m'ouvrir à ce qui me fait peur et me paralyse.

 

La fatigue me terrasse, le chagrin aussi... descendre de l'avion... présenter mon passeport... chercher ma correspondance... décoller, encore une fois... atterrir... ne sachant plus ni l'heure ni la date...

 

L’aventure s’ouvre à moi... enfin...

A partir de ce moment, je vais me rendre compte de ce que signifie choisir de voyager. Cela signifie multiplier les adieux...

 

On quitte ceux que l’on aime, le cœur lourd, les larmes aux yeux... On rencontre de nouvelles personnes et certaines vont devenir vraiment importantes, on s’attache plus vite, les choses que l’on vit sont plus forte, et vient le moment où il faut encore dire adieu... partir vers d’autres découvertes, vivre a 100 à l’heure et dire adieu, encore une fois... dix fois... cent fois...

 

Je comprends aujourd’hui les accros du voyage, ceux qui, peut importe le travail, l’évolution personnelle, finissent toujours par s’envoler, abandonner les terres connues pour redécouvrir l’adrénaline de l’aventure... Je vais vous livrer un secret... Lorsqu’on entreprend un vrai voyage, un vrai départ, un abandon, le sacrifice est grand et on prend conscience que ce que l’on vit est une parenthèse. Alors, chaque chose vécue, chaque rencontre se fait plus intense et en l’espace d’un an vous vivez plus intensément qu’en cinq ans sans quitter votre cocon...

Par unpointctout - Publié dans : carnet de voyage...
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 27 juillet 2011 3 27 /07 /Juil /2011 00:20

 

Comment vous décrire ce qui se passe ici.... Vous voyez la bible ? Vous voyez le déluge ? Vous voyez Noé ?
He bien voila... Vous avez tout compris !

Quand il pleut ici ce n’est pas de la blague ! Il pleut depuis deux jours non stop. Je ne m'en étais pas tellement rendu compte parce que ça fait deux jours que je ne suis pas sortie de chez moi parce que j'avais trop de boulot. Humhum, j’entends les sarcasmes d’ici mais je peux AUSSI être sérieuse !
Non mais sans rire, j'ai travaillé comme une acharnée pour un boulot que je devais rendre en cours il y a dix minutes.
Sauf que... Ici, quand la pluie commence à tomber, les rues se transforment en fleuve ! J’ai enfin compris pourquoi la plupart des rues ici s'appelle "Rio" (pour ceux qui ne parlent pas espagnol ça veut dire fleuve !). J'ai demandé à mon voisin de m'emmener à  l'école parce que je n'ai pas trop confiance en un taxi par ce temps.

 

Parenthèse sur la conduite des taxis au Mexique : imaginez-vous... une vieille bagnole cabossée... un vieux bonhomme presque toujours une bière à la main et 90% du temps avec un « bigote » (=moustache)... Un chapelet, pendu à son rétroviseur, bat nonchalamment la mesure, laissant Jésus se balancer de droite à gauche au rythme de l’humeur du conducteur... Les klaxons fusent, accélérations, coups de freins brutaux... et qu’on double par la droite, et qu’on coupe la route, et qu’on frôle un énooorme bus bringuebalant... Oui... vous risquez votre vie à chaque instant et les amateurs de sensations fortes n’ont pas besoin de créativité pour rechercher les poussées d’adrénaline... Maintenant, essayez de vous imaginer la même scène mais sur un fond de tempête apocalyptique... Je ne suis pas suicidaire et j’ai donc préféré faire appel à mon charmant voisin...

 

Nous avons donc essayé de partir mais le peu de rues qui étaient praticables étaient complètement bloquées par la circulation. Mon problème c'est que si j’ai choisi un quartier fort sympathique avec une vie étudiante abondante de fête et arrosé de téquila, je suis en revanche très loin de mon école ! C’est à l'autre bout de la ville... et la ville est plus grande que toutes les villes que j'ai vues...  Je me demande si je vais suivre les traces de mes frères et sœurs qui, petits, lorsque les inondations pointaient leur nez, se retrouvaient dans l’obligation de se lever a 5h du matin pour partir à l'école en barque...

Je m'égare je m'égare, tout ça pour vous dire que je me retrouve donc à faire l'école buissonnière mais bien contre ma volonté ! Le pire c'est que c'est peut être le seul cours que je ne voudrais pas rater !

Ce qu’il faut savoir, c’est que c’est mon seul cours en anglais... Moi qui ai toujours été une quiche en langue, qui ai toujours été tétanisée par l’anglais, je me retrouve au Mexique, comprenant encore moins l’espagnol que l’anglais... Ce cours est donc devenu ma bouée de sauvetage, le seul où je me sens capable de participer, de comprendre, de me sentir douée !!! Les autres cours, en espagnol, sont une torture... Je suis seule, au milieu des mexicains qui parlent trop vite... Chacun donne son avis, les conversations fusent, l’ordre et les plans de cours n’existent pour ainsi dire pas et je suis totalement incapable de suivre... Encore une fois, lorsque je franchis le seuil, mon cœur semble vouloir s’envoler par la force de ses battements, la sueur, accentuée par la chaleur humide du Mexique, glisse par grosse goutte sur mes tempes, et je vis un supplice atroce d’incompréhension et d’angoisse pendant les trois longues heures que durent chacun de mes cours...

 

Pendant ces longs moments où je tente d’occuper mon esprit, je me prends à rêver à mes futurs voyages...

 

Monterrey n’est pas une ville typiquement mexicaine. Elle est trop proche de la frontière avec les Etats Unis et est profondément marquée par leur influence... J’ai donc vraiment hâte de découvrir mon nouveau pays, de partir plus au sud, et de me perdre dans la jungle à la recherche de pyramides Incas oubliées...


Malheureusement les voyages ne sont pas encore prévus pour tout de suite car mon budget d’étudiante qui vient de se payer un billet pour le bout du monde ne me le permet pas dans l’immédiat... mais par contre je commence à avoir des projets bien sympa !
Ce weekend si la pluie s'arrête un peu je vais me balader avec des amis dans un canyon à côté de la ville et le lendemain je vais faire du saut à l'élastique !!!!!
Oui  je suis tétanisée ! Et non je ne sais pas si je vais y arriver... Mais je VEUX essayer ! Je m'étais toujours dit que je ne le ferais jamais... Mais bon... trop de personne l’on fait avant moi pour que je me dégonfle !

Je pense que cette aventure méritera bien une petite description...

En attendant, priez pour que Noé ne m'oublie pas au passage pour la survie de l'espèce humaine !

Par unpointctout - Publié dans : carnet de voyage...
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 27 juillet 2011 3 27 /07 /Juil /2011 00:12

Après un samedi sportif ou j'ai tenté de m'améliorer a l'escalade (avec un relatif succès, je suis passé de difficulté 7 a difficulté 9... avec de l aide mais c est quand même pas trop mal :D )
Bref je disais donc après un samedi sportif me voila dans un bus en direction de la colla de Caballo !!! C’est moi qui me suis lancée dans l'organisation de cette journée... quelle idée... je ne savais pas exactement quel bus prendre, pas exactement l'horaire et surtout je ne savais pas du tout si j'aurais le courage de faire le GRAND SAUT !!!!


Nous voila donc, mes deux très bons amis français, Mathias et Antoine, un ami colombien et moi, en direction de ce charmant petit coin de cascade et de bois... Une heure de route environ dans un bus blindé dont l'air conditionné craché a plein tube a une forte odeur d'urine... Tassés tous les quatre tout au fond (derniers billets vendus) c'est dans un stress et une angoisse palpable que nous traversons les petits pueblos mexicains... Blanc comme neige depuis qu'il s'est levé, je sens Antoine totalement concentré sur un probable discours intérieur de coaching afin de trouver la motivation. Mathias, imperturbable est plutôt concent

ré sur le sandwich qu’il ingurgite, quand a Jorge (le colombien) un sourire au coin des lèvres indique qu’il pense surtout a ce qu’il pourrait bien crier avant de franchir le pas, s'il le fera en avant, en arrière, version plongeon ou plutôt saut de l'ange...


Quant a moi...


Je pense surtout a la responsabilité qu implique la position d'organisateur... "Si tu saute on saute" m'avaient-ils tous dit... Oui mais voila... vais-je sauter ? Moi?
Moi qui n'avais sauté qu'une fois d'un plongeoir de 4 mètres de haut… A peine... et qui a cru que mon cœur allait me lâcher...
Arrivé enfin sur le lieu, nous avions beaucoup de temps d'attente... Ne voulant pas entendre le cri des suppliciés en attendant notre exécution, nous avons décidé d'aller m

archer jusqu'a la cascade.
Un vieux mexicain nous avait dit qu'au dessus de la cascade nous pouvions nous baigner dans un petit lac. Je passe donc sous la corde qui disais "paso sobre su proprio responsabilidad" (passage sous votre propre responsabilité) et me voila suivie de mes trois potes, en converses, sur un chemin des plus difficiles et en plus en jean noir ! Autant vous dire que j'ai terminé sur les fesses plus d'une fois dans la terre sèche et poussiéreuse et que je ne ressemblais a rien en arrivant en haut ! et justement, en haut, après avoir bien sué nous avons découvert une grande route, sans aucun intérêt, aucun lac où nous pouvions nous baigner, pas même un court d'eau où nous pouvions tremper les pieds...


Encore une fois... Merci Gilu pour tes supers idées ! Nous redescendons donc par le même chemin et j'arrive en bas, les jambes tremblantes, pleine de poussière, les cheveux ébouriffés et le visage tout rouge... pas tout a fait le visage glorieux que je pensais me composer avant de sauter histoire de faire bien a la caméra !!!!
 
Cela dit, avec cette "épreuve" physique (bon.. la j'en rajoute quand même un peu...) j'avais oublié toute ma peur.
Nous nous dirigeons donc vers le couloir de la mort... Le pouls s'accélère a nouveau....
Mathias passe le premier, pour une raison amusante : la fille qui nous appelait était incapable de prononcer mon prénom !!! Du coup, moi qui devait passer la première cède ma p

lace de condamnée à Mathias.
Tout se passe très vite...

Il revêt ses chaînes... se dirige vers le vide... saute... et revient vers nous les yeux rouges et écarquillés, le sourire aux lèvres sans être vraiment capable de faire une phrase simple pour nous expliquer ses sensations !
 
Mon tour arrive...
Je passe le harnais, d'une façon machinale, sans vraiment avoir conscience de ce qui se prépare...
Je regarde la fille qui me passe les fers aux pieds et LA !!! LA!!!! à ce moment mon pouls s'emballe, ce qu'elle m'accroche aux pieds n'est pas plus qu'un énorme scratch... QUOI !!!! On tient en l'air par des scratchs !!!! la blague...
"Ok fait confiance Guigui ! Pas de problèmes, ils font ca tous les jours..." me dis-je à moi même pour me motiver...
"T’en fais pas... respire..."

 
Me voila dans le "couloir de la mort"... J'avance difficilement un pied devant l'autre dans un bruit de métal (véridique) et je me retrouve avec un gros poids aux pieds... Mon bourreau, après quelques indications que je n'ai même pas cherché a comprendre pousse le poids dans le vide et me demande de m'avancer vers le bord...
 
C'est à ce moment là que l'angoisse me gagne, je SAIS que je ne pourrai pas le faire !!!! "No puedo no puedo, tengo miedo"
et la j'entends le décompte fatidique...
"3"... ne pas penser ne pas penser
"2"... je suis complètement en arrière...
"1"... il faut absolument que je me penche un peu en avant... je vais y arriver..
"BUNGEEEEEEEE" ... et je saute !
 

grand-saut.jpg

Impossible de décrire de façon vraiment compréhensible les quelques secondes qui suivent... la seconde ou je me suis jetée je n'en revenais juste pas du tout de cette sensation, être totallement dans le vide, ne pas sentir encore le poids de l'élastique ni rien du tout, juste le vide et toi qui vient de sauter... lors de ce premier instant je me suis juste demandé COMMENT on peut faire ca !!! C’est une sensation qu’on n'est pas du tout sensé connaître ! Mais tellement grisante en même temps...
ensuite je n'ai pas trop de souvenirs pendant la seconde suivante, je ne sais pas si j'avais les yeux fermés ou ouverts, je ne me rappelle pas, comme un mini évanouissement, il ne me reste qu'une sensation étrange ou l'angoisse a disparu puisque tu n'as plus le choix, tu te rends compte que le cœur reste accroché et tu es surtout dans l'attente de la secousse de l'élastique qui se tend...
Ensuite le choc, beaucoup moins violent que je l'avais imaginé, de l'élastique qui se tend et qui se met a te trimballer d'un côté a l'autre avec les bras ballants comme une vulgaire poupée de chiffon...


A ce moment la je suis perdue, je tourne, je ne sais plus ou est le haut le bas, je cherche des yeux mes amis mais par un réflexe machinal je lève les yeux, ce qui fait que je ne vois que des arbres qui tournoient sous moi... Le sang afflue dans ma tête, je trouve le temps long, je veux remonter, c'est très inconfortable... En plus, je me rends compte que dans cette position, en débardeur et avec un tour de poitrine comme le mien ce n'est pas ce qu'il y a de mieux... réflexe donc je met les mains sur mon décolletés histoire de retenir mes attributs féminins sous le tissus... éclat de rire générale qui vient de je ne sais ou, je n'ai toujours pas conscience de la localisation géographique des autres. Antoine me dira ensuite "alors toi, dans un moment pareil ou t'as l'impression de mourir t'as quand même le reflexe de remettre ton décolleté a sa place !!!! T’es incroyable !!!"
Finalement je reçois enfin le crochet pour remonter, je retrouve peu a peu mes repères... petite photo souvenir des organisateurs...
et me voila sur la terre ferme, dépouillée de mes chaines, légèrement sonnée, les yeux injectés de sang mais avec un sourire incontrôlable et une furieuse envie de ressauter maintenant tout de suite ! 
 
Je n'ai qu'une chose a dire.....
 
JE L AI FAIT !!!!!

Par unpointctout - Publié dans : carnet de voyage...
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 27 juillet 2011 3 27 /07 /Juil /2011 00:09

 

J’aime avoir des aventures extraordinaires… Vous devez croire que c’est ma plume qui exagère toujours tout mais cette fois je vais vous livrer le récit de mon voyage, certes avec quelques descriptions qui vous plongerons dans mon ambiance, mais sans exagérer aucunement les choses… Je vous souhaite donc une bonne lecture…


9h30… j’entreprends de traverser le pont Alexandre III dans le 8eme pour me diriger vers le RER. Ce n’est pas une mince affaire : mon ordinateur dans sa petite pochette sans poignée glissé sous le bras, mon sac à main comportant mes objets de première nécessité (passeport, portable pratiquement sans batterie contenant mon numéro de réservation et mon numéro de vol, carte bleu, un petit reste d’euros et un petit reste de pesos mexicains), un autre sac rempli à ras bord d’une vingtaine de livres et de trois paires de chaussures dont l’une dépassait dangereusement et menaçait de se faire la belle et de rouler sous les voitures, et enfin ma valise d’un poids incalculable que je trainais laborieusement de ma main  « libre »…


Je saute donc dans le RER C, changement pour le RER D direction Charles de Gaulle et arrivée à l’aéroport avec mes deux heures d’avance vitales. Je me dirige sans aucun problème à l’enregistrement quand mon hôtesse d’accueil, soit dit en passant déprimante de classe en face de moi qui était déjà rouge, transpirante et ébouriffée, me demande pourquoi je n’ai pas pris le train Air France à partir de Lyon ! Je bredouille que j’étais déjà à Paris finalement pour passer un examen et que du coup je ne me suis pas servie de ce train. Là le monde s’écroule, mon billet n’est plus valable !!!! En l’espace de une seconde je réalise que je viens de perdre presque 1000 euros, plus cent euros payés pour le train Lyon-Paris qui m’a coûté un bras et sur lequel j’ai eu une amende (mais je vous passe cette histoire…) et je l’entends m’annoncer qu’à priori je dois payer 3900 euros si je veux prendre l’avion aujourd’hui !!!!


Là j’ai eu une sensation exactement comparable au jour où je me suis rendu compte que je venais de rater une épreuve au bac… Je crois que tout le monde se souviendra de ma bourde monumentale où je me suis pointée l’après-midi alors que l’épreuve avait lieu le matin… Eh bien cette sensation est une espèce de poids du monde qui s’abat tout d’un coup sur vous ! J’ai réalisé que je ne pouvais plus me payer mon billet, que je ne repartirais pas au Mexique, que je n’aurais donc probablement pas mon diplôme de commerce, que je perdais donc l’équivalent de trois années d’études à 8000 euros, que ma rente éducation touchant à sa fin je ne pouvait pas me permettre de continuer plus avant mes études et que ma vie était foutue… Si, si je vous assure votre cerveau fonctionne au quart de tour dans ces cas là (croyez-moi je suis une experte !) et tous les scénarios se présentent à vous d’un seul coup sous une clarté dévastatrice. Et pendant que mon monde s’écroulait dans ma tête et que j’en ressentais la douleur dans tout mon corps, le reste de mon malheureux mascara appliqué en vitesse le matin fut anéantit par un sanglot énorme et ininterrompu. Eh oui… je ne vous le cache pas, moi qui pleure sans arrêt et sans raison je me suis retrouvée ridicule au milieu des multiples regards et visiblement cette discrétion n’a pas plu à mon hôtesse qui est devenue presque agressive en me disant que il fallait réfléchir avant et que maintenant je n’avais plus de solution et que c’était comme ça… Voyant qu’elle n’allait pas pouvoir m’aider je me suis éloignée et ai décidé, au milieu de mon brouillard de larmes d’aller tenter ma chance auprès de quelqu’un d’autre (d’un homme si possible car dans ces cas là croyez moi je n’hésite plus à faire marcher mes charmes, enfin ceux qui me connaissent sauront que je n’hésite pas souvent… cela dit avec un visage boursoufflé, les yeux rouges, le mascara qui coule, la transpiration qui a redoublé avec le stress, et les cheveux toujours ébouriffés la tâche n’était vriament pas facile !).


Je me pointe donc aux guichets des ventes d’Air France. Là une femme me fait signe, pas de bol… mais elle à l’air de s’intéresser à ma mine épouvantable donc j’entreprends de lui expliquer mon problème terminant sur le fait que je n’ai pas de solution. Là elle me rassure en me disant que bien sûr on trouve toujours une solution… et rajoute, après une courte pose qu’il faudra payer mais que la solution existe ! Si l’espoir avait jaillit en moi un quart de seconde il s’est de nouveau effondré à l’évocation de cette logique… Payer… Oui mais non !!!


L’hôtesse se met donc à passer des coups de téléphone interminables pour trouver la meilleure solution possible. Au bout d’une vingtaine de minutes je comprends que je pourrais m’en tirer pour peut être 300 euros. Mais le montant fluctue comme la marée au fur et à mesure de ses appels, de ses efforts incroyables pour trouver la meilleure solution. Un coup elle me rembourse des taxes sur mon premier billet, un coup elle rajoute 150 euros de frais de changements etc. Le prix monte et descends au rythme des battements de mon cœur. La dessus un belge affolé se présente au guichet et me demande si j’ai bien la gentillesse de suspendre ma demande un instant : il prend bientôt un vol en classe affaire et à oublié son téléphone portable dans son taxi qui vient de repartir. Il passe un coup de fil, tente de retrouver son taxi etc. Tente d’appeler son propre numéro pour signifier au chauffeur son oubli mais le numéro étant belge, l’hôtesse s’absente pour trouver un téléphone avec lequel elle peut passer l’appel. Dans le laps de temps où elle s’est absenté je discute avec ce belge et lui raconte en deux mots mon malheur afin que nous puissions nous plaindre l’un l’autre. L’hôtesse revient et l’homme part récupérer son portable. La négociation du prix que je dois payer se fait encore pendant au moins une demi heure…  A un moment, je me retourne et je vois le belge qui revient vers moi… Il dépose 300 euros devant moi et me souhaite un bon vol…  Juré craché je ne l’ai pas dragué !!! Je ne sais pas quoi dire, je commence bien sur par refuser, (pour la forme quand même !) puis je le remercie bien entendu mille fois, lui dit qu’il me sauve, puis il me quitte pour aller prendre son vol. Aucune arrière pensée, aucun regard douteux, juste une aide inespérée tombée du ciel ! J’ai donc enfin trouvé un accord avec l’hôtesse pour 240 euros. J’ai ensuite couru après le belge que je n’ai jamais retrouvé… J’ai même gagné des sous dans l’affaire… C’est incroyable !


Bref… Je bénis ce belge dont je ne connais même pas le nom et je continu mon récit…


Me voici à l’enregistrement, enfin, pour découvrir que ma valise fait 10kg de trop… 10kg ca fait beaucoup… Je chope un sac plastique et me met à retirer tout ce que je peux prendre en cabine. Me voici donc avec mon ordinateur, mon sac à main, mon sac rempli de bouquin, et maintenant un sac plastique manquant de se déchirer à tous les pas contenant 10Kg de fringues ! Je ne vous explique pas la clodo !


Mes aventures continues…


Me voici en partance pour le Mexique après 2 heures d’angoisses, de pleurs, d’étonnement, et de rebondissements… Vous imaginez bien que j’ai eu du mal à dormir moi qui trouve déjà cela difficile dans un avion sans avoir autant de stress. J’arrive enfin à Mexico avec un retard d’une heure sur mon avion. J’ai une heure devant moi pour passer la douane, récupérer ma valise, passer le contrôle des bagages, redéposer ma valise, passer le contrôle des bagages  à main, et trouver mon avion ! Croyez moi, chargée comme je l’étais, j’ai couru ! Mon deuxième vol était à 20h30. A 20h15 je passe le contrôle des bagages. Là, ma valise bien entendu est ouverte et vidée de son contenu : saucissons, vin, fromage, bonbons, pâtés, foie gras etc. (tu m’étonne qu’elle faisait 10kg de trop…). A mon grand et même immense désarroi l’hôtesse à regarder de manière très suspecte mes saucissons… Elle m’a expliqué que compte tenu des maladies qui existent en France et non au Mexique la viande de porc ne peu pas passer. J’ai eu beau lui expliquer qu’il y en avait au porc mais d’autre au cerf, au sanglier, etc. rien n’y a fait et je la voyais enlever progressivement mes 7 saucissons conservés avec beaucoup de difficulté malgré ma gourmandise légendaire… Quelle ironie de m’empêcher de rentrer avec ça pour cause de maladies alors que la moindre chose avalée ici vous donne une courante d’enfer ! C’est déprimant…. Il reste cinq minutes avant mon vol… je courre chargée comme une mule, dépose ma valise, et courre encore vers le panneau d’indication…


Comment vous décrire la scène suivante… Une marrée humaine se bousculait, rouspétait, soufflait, sans ordre ni logique. Tous les vols de la compagnie Aeromexico étaient retardés ou annulés. Le bazar ambiant est indescriptible. Bien entendu, Air France à un partenariat justement avec CETTE compagnie et mon vol en faisait partie… J’ai donc finalement attendu 2h mon vol au milieu de cette pagaille et me suis finalement retrouvée a 1h du matin, morte de faim et de soif avec tout mon barda, devant le tapis roulant de l’aéroport de Monterrey… Et là… LA !!! Le pompom…

Trois valises font leur entrée, se courant après sur le tapis immense et vide… Toutes les valises ont été perdues… Et bien entendu, ce n’est pas finit, ce ne serait pas drôle, l’ami qui s’était gentiment proposé pour venir me chercher n’avait eu aucune information sur les vols, m’avait cherché plus d’une heure dans tout l’aéroport, et était reparti bredouille et tout désolé… J’étais donc là, seule, sans valise, avec un sac en lambeaux rempli de fringues sales, un sac à main, un ordi sous le bras, et un sac rempli de bouquin et de chaussures dont une s’est sûrement fait la malle (je n’ai pas encore vérifié)…


BIENVENIDO EN MONTERREY !!!


Je saute enfin dans un taxi, arrive chez moi épuisée, trempée de sueur (il fait 40°) et j’ouvre le frigo et tous les placards pour me rendre compte que je n’ai plus qu’à aller trouver le sommeil car rien ne pourrait étancher ma soif ou apaiser ma faim… je me prends donc un maigre verre d’eau qui ressort du robinet presque chaude et me laisse choir sur mon lit où le sommeil à été très dur à trouver.


Bilan de l’histoire, j’ai les pieds à Monterrey et je suis en vie, de quoi pourrais-je me plaindre ??? J’attends maintenant des nouvelles de mes fromages, bouteilles de vin, pots de caramel-au-beurre-salé, petites tour-Eiffel en métal argenté, foie-gras, pâtés et autre merveilles qui doivent dormir quelque part dans un aéroport… snif… Bien sûr accompagnés de l’ensemble de mes affaires de toilettes, produits de beauté et sous vêtements… Qui sait… un jour pourrais-je avoir de la chance ? …

Par unpointctout - Publié dans : carnet de voyage...
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Recherche

Images Aléatoires

  • IMGP2573
  • IMGP4643-copie-1
  • IMGP4131
  • IMGP3427
  • IMGP4228
  • IMGP3529
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus